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Mélodie en sous-sol

Publiée le 19/06/2019

Nous rencontrons Patricia à la blanchisserie

2019 06 19 Blanchisserie

Trois pièces en longueur donnant par de larges baies vitrées sur l’Ouest, mais en sous-sol, au bout d’un long couloir, c’est, à l’abri des regards, dans un grand silence, le domaine de Patricia : la blanchisserie. Légers sifflements de vapeur, ronrons discrets de tambours, piles impeccables, silence, elle œuvre. Rapide mais détendue, avenante et souriante, elle a organisée son travail aujourd’hui pour que nous puissions s’asseoir ensemble et découvrir son domaine, son parcours, parler du passé et de l’avenir.

Patricia : Je suis arrivée ici en 1996. Cela fait 23 ans. J'ai commencé avec un contrat d'initiative à l'emploi pendant 2 ans et puis on m'a proposé de rester. En fait, j'ai été recrutée pour le service en salle à manger. On était peu nombreux à l'époque. Nous étions deux jeunes filles avec une Sœur - Thérèse Boulch -  qui gérait  ce service, préparait les plannings de présence etc. Petit à petit, Sœur Thérèse m'a montré toute la gestion et m'a indiqué que je la remplacerai lorsqu'elle partirait. Ce qui a eu lieu vers les années 2000. Et j'ai continué à assumer la responsabilité du service même lorsque Sœur Annick Berthevas s'est jointe à notre petite équipe. On préparait les plannings de présence ensemble. Nous étions une petite équipe qui a grandi progressivement. Mélanie puis Aline sont arrivées et l'élargissement a continué.
Je me souviens que, lors des premiers Noël où j'étais présente, on recevait de 10 à 20 hôtes. Ce jour-là, il n'y avait qu'une personne au service.

Comment peux-tu qualifier l'atmosphère de l'époque où tu as commencé ?

Patricia : J'en ai de très bons souvenirs. Cela reste pour moi une belle époque. Il y avait une très bonne ambiance autant entre nous qu'avec les hôtes. Nous faisions, et cela a duré longtemps, une petite présentation au début de chaque retraite. Le premier soir n'était pas en silence et nous expliquions aux retraitantes ce que l'on attendait d'elle - mettre le couvert, débarrasser - où se trouvait chaque chose, comment se repérer dans cette grande maison.... Je crois que cela a disparu récemment et que l'on dresse les tables nous-même maintenant. C'était pourtant très sympathique. Pour le service des retraites, Sœur Marie-Thérèse Legallais, qui était responsable de l’Abbaye à l’époque, tenait à ce que les repas se déroulent dans le plus grand silence. Portes bien fermées, chaussures sans talons bruyant... On faisait tout pour respecter ce silence.

Et à un moment, tu changes de poste ?

Patricia : Oui, il y a 5 ans. En fait, cela s'est déroulé un peu naturellement. Catherine, qui s'occupait alors de la blanchisserie, partait en retraite. Nadine qui la remplaçait lors de ses congés ne voulait pas prendre le poste à temps plein. Elle a proposé à Monsieur Abiven que je prenne ce poste car nous en avions parlé ensemble et j'ai accepté. Cela m’arrangeait de reprendre des horaires différents. Et en fait, j'apprécie beaucoup ce travail.

En quoi consiste ce travail à la blanchisserie ?

Patricia : Je lave, je repasse, je réapprovisionne dans les étages. Je lave les serviettes de toilette, les traversins, les housses d'oreillers,  les dessus de lit, les alèses, les couvertures... Tout le linge des chambres, sauf les draps de lit qui sont blanchis pas une entreprise extérieure. Je m'occupe également des vêtements de cuisine et de service en salle. Et pour les salles à manger, les nappes et les serviettes ! Quand les draps reviennent de l'extérieur, je les mets par  taille puis par paire et les range dans les étages. Nous avons 11 lieux de stockage dont certains au 3ème étage… C’est dans ces rangements que les femmes de chambre prennent ce dont elles ont besoin. Mais ce sont elles qui me descendent le linge à laver ici, il va dans la pièce "linge sale", près des machines.

Il y a toujours eu une laverie à l'Abbaye ?

Patricia : Oui, je pense. Depuis 23 ans tout du moins. Peut-être qu'à une époque les draps étaient eux aussi lavés ici, quand il y avait peu de monde. Je ne sais pas. Quand je suis arrivée ici, la blanchisserie se trouvait au même endroit qu'à présent.

Tu laves et tu repasses.

Patricia : Oui, je repasse certains articles à la calandreuse et d'autres à la main avec un petit fer, comme les vestes de cuisine. C'est un travail à plein temps, parfois... plus qu'à plein temps !

Tu travailles seule. Cela ne te dérange pas ?

Patricia : Non, cela ne me dérange pas. Et puis je ne dérange  personne !  Car  je suis très exigeante alors... J'aime que tout soit carré, propre, en ordre. Si quelque chose cloche, je ne m'en prends qu'à moi-même.

Finalement si tu regardes les 23 ans que tu as passés ici, tu en es satisfaite ?

Patricia : Oui, satisfaite. Je me plais ici. J'étais heureuse dans le travail de salle à manger à cause du contact avec les hôtes, j'adorais ça. Et maintenant je suis contente de travailler ici en sous-sol. J'aime être seule et j'aime ce travail. C'est une tâche clé, comme beaucoup d'autres postes dans cette grande maison et c'est un peu invisible... Et puis les gens que je connais depuis longtemps descendent me rendre visite ici. Finalement, ils ne m'ont pas oublié et j'apprécie beaucoup. Ils rentrent soit par le couloir du sous-sol, soit par la baie vitrée, quand ils se dirigent vers la plage... Ils sont toujours les bienvenus ici.

Tu n'as pas été tentée, durant tout ce temps, de chercher un poste dans une autre maison ?

Patricia : Non parce que je me plais bien ici. Je ne dois pas être la seule dans  ce cas car nous sommes nombreux et nombreuses à être là depuis longtemps... J'en conclus que la maison doit être bonne ! Même si on y trouve parfois des conflits et de petites tensions. Il y a aussi le confort de la continuité.

Comment pourrais-tu qualifier ces 20 années qui se sont écoulées ?

Patricia : De la continuité mais beaucoup de changements. En bien, d'ailleurs. Changement d'échelle - à Noël on était 10 ou 20 et maintenant on se retrouve à 150 - Changement de direction. Mais aussi des Sœurs moins présentes dans la maison. Un personnel « laïque » plus nombreux. Peut-être des changements dans l'atmosphère générale au sein de l'équipe. Nous sommes devenus plus individuels, chacun est tourné vers ses propres tâches. C’est peut-être dû au nombre de personnes et à la charge de travail. Et puis les Sœurs créaient beaucoup de cohésion. Je pense à Sœur Célestine qui était souvent en cuisine, passait nous voir au service... C'est un changement plus difficile à accepter, ce départ progressif des Sœurs.

Le futur de l'Abbaye ?

Patricia : J'ai des difficultés à avoir un regard général. Je regarde mon travail à la lingerie et là je pense que cela a une raison d'être au sein de cette grande maison et que cela perdurera. C'est très utile, ne serait-ce que pour la rapidité de réaction. Quand je pense à toutes ces serviettes de bain - auparavant les hôtes apportaient les leurs et nous avons commencé à les fournir systématiquement quand j'ai pris ce poste - je vois mal comment on pourrait les laver à l'extérieur. Actuellement, celles que je reçois le matin sont à nouveau dans les étages l'après-midi... Le traitement du linge assuré sur place, c'est très rapide.

Une question indiscrète : Qui est-ce qui s’occupe du linge chez toi ?

Patricia : C’est moi ! (Rires) Non, je ne laisserai pas mon conjoint s’en occuper…

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