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De nouvelles arrivantes dans la Communauté

Publiée le 11/05/2019

Nous les avons rencontrées afin de faire plus ample connaissance

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Sœur Thérèse, quelle a été votre parcours au sein de la congrégation ?

Thérèse : Après ma formation dans la Congrégation, j'ai fait des études afin de devenir professeur dans l'enseignement agricole. J'ai ensuite été envoyée en région parisienne près de Versailles dans un établissement qui dépend du ministère de l'agriculture.

J'y enseignais surtout la biologie humaine et animale et l'économie familiale. C'était un milieu assez ouvert parce que dans cet établissement venaient des enfants de tous milieux. Nous nous trouvions dans un cadre très agréable avec des méthodes d’enseignement plus adaptés à ces enfants qui avaient du mal à faire des études littéraires ou scientifiques. J’y ai passé 18 ans de ma vie.

Puis en 1988, Sœur Simone qui était conseillère au sein de la Congrégation, m'a téléphoné un jour pour me dire : « On a pensé à toi pour partir en Afrique ». Après réflexion je me suis dit que ce serait une autre manière de travailler à la mission de la Congrégation.

J'y suis donc partie et j'ai d'abord travaillé dans un gros village : Basoko. Tout d'abord dans un collège où je faisais la catéchèse, et l'éducation à la vie, c'est à dire entre autre, l'éducation sexuelle et je participais à un travail auprès des femmes. On leur apprenait les rudiments de la lecture. C'était dans la République Démocratique du Congo qui s’appelait alors le Zaïre.
En 1994, la Congrégation a décidé d’accueillir les jeunes filles africaines qui demandaient à entrer dans notre Congrégation. On m’a alors demandé de m’en occuper à Kisangani. Ce que j’ai fait, à la suite d’une nouvelle formation, suivie en France. Nous participions, avec une autre sœur, à la formation des postulantes puis des novices. J’y ai passé 15 ans de ma vie.

Puis comme de jeunes religieuses congolaises étaient aptes à prendre ces responsabilités de formation je suis retournée à mon premier poste en RDC, à Basoko. J'avais cette fois une  autre fonction auprès des jeunes Sœurs congolaises qui avaient des responsabilités dans la santé, la pastorale ou l'enseignement. J’accompagnais ces jeunes, surtout une sœur, qui était directrice d'un centre de santé. Je la secondais dans la gestion, dans l'achat des médicaments. J’ai également continué la bibliothèque auprès des jeunes, élèves et enseignants.

Cette maison était un pôle d'accueil important, il y avait beaucoup de passage. Les gens venaient régulièrement charger leur téléphone grâce à l’énergie solaire dont nous disposions. Il n'y avait pas de courant électrique ailleurs. Seulement des groupes électrogènes. C'était intéressant, on voyait beaucoup de gens très divers, et de tous milieux,  des catholiques, des musulmans ou des personnes faisant  partie de diverses sectes. Ils étaient essentiellement francophones. Mais j'ai dû me familiariser avec la langue du pays, le Lingala, parce que tout le monde ne parlait pas français, surtout au centre de santé.

Durant les dernières années, de 2010 à 2018, c'était pour moi surtout une immersion dans le milieu, le contact avec les gens. Ce qui m'a marqué c'est l'accueil simple, réciproque, spontané, sans artifice. Si je devais dire quelques chose sur mon passage en Afrique, c'est surtout cela qui est resté. Le temps pris à la conversation, le temps d'écoute et puis ces personnes qui vous accueillent vraiment. Un cadre de vie simple et agréable.

Enfin j'ai moi-même proposé mon retour en France, voyant que ces jeunes Sœurs africaines prenaient leurs responsabilités en mains, et que la sœur directrice que j'aidais au centre de santé était vraiment capable de se débrouiller sans ma présence. Je sentais qu'il était temps de partir. L'œuvre allait continuer, je n'avais plus de raison de rester.

Je suis donc revenue ici à Saint-Méen-le-Grand en octobre 2018, pensant pouvoir rendre service à la maison-mère, auprès des sœurs âgées et dans différents services.  A  ma grande surprise, la supérieure générale m'a proposé de venir faire partie de la nouvelle communauté de l’Abbaye.

Et pour vous, Sœur Jeannine, quel a été votre parcours ?

Jeannine : J'ai un parcours plus en dent de scie. J'ai enseigné dans plusieurs collèges - dans le Finistère et dans l’Ille et Vilaine - l’anglais et le français. Après 18 ans d’enseignement, j’ai pris un congé sabbatique.

J'avais demandé à la supérieure générale de me chercher un emploi comme ouvrière, en région parisienne. Je me suis retrouvée dans l'hôtellerie où j'y suis restée 10 ans. C’était dans un hôtel commercial près de l’aéroport de Roissy où j’étais femme de chambre.

J'avais demandé la région parisienne parce que la Congrégation souhaitait que les sœurs puissent s'implanter dans des milieux populaires. Cela m'intéressait. J'ai rencontré des jeunes qui sortaient sans diplôme et qui se retrouvaient là pour y gagner leur vie. Notre petite communauté habitait dans un HLM à Sarcelles. Au travail, comme dans le quartier, nous étions en contact avec une population venant de tous les continents. C'est comme si l’on voyageait dans le monde entier. Cela m'a beaucoup apporté.

J'étais également engagée dès le début dans le catéchuménat et des jeunes de la JOC. Cet accompagnement obligeait à  changer sa propre mentalité à comprendre d’autres cultures. C'est moi qui étais la plus convertie…

Avec ces contacts, la Communauté découvrait de près les réalités de la banlieue. Par exemple, nous avons hébergé pendant plusieurs semaines, malgré le peu de place que nous avions, une jeune sénégalaise pendant que les services sociaux lui cherchaient un foyer.

Au bout de 10 ans, en 1990, sans quitter la Communauté, je donne ma démission du travail, suite à des problèmes de santé. Je suis une année de formation en sciences sociales et en préparant mon mémoire de licence, je trouve mon nouveau travail dans une association de quartier comme secrétaire et enseignante en français-langue-étrangères. Il y avait une forte demande de la part d'Irakiens, d’Indiens, de Sri Lankais, de Kurdes. Je travaillais en binôme avec un collègue sénégalais.


Puis en 1994, j'ai été appelée au service de la Congrégation comme conseillère, je suis  donc revenue à Saint-Méen-le-Grand, avec, en particulier, la responsabilité des communautés d’Afrique. On avait plusieurs communautés en Afrique. On y allait tous les ans. J’appréciais beaucoup mes séjours là-bas.

En 2000, mon mandat terminé, je rejoins une communauté à Gonesse, toujours dans le val d’Oise. Je reprends- à titre bénévole – les cours de français-langue-étrangère ainsi que des activités en paroisse.

En 2006, nouveau service de Congrégation jusqu’en 2012, au sein du Conseil Général. Puis je rejoins une communauté de l’Indre, à Châteauroux où je reste jusqu’à la fermeture en novembre 2018.

Après quelques semaines à St Méen-le-Grand me voici envoyée par le Conseil de la Communauté à l’Abbaye de Saint-Jacut-de-la-mer.

Durant la réunion du Chapitre, j'ai entendu parler de l’Abbaye de St Jacut et des changements en perspective comme une communauté mixte, c’est à dire une communauté de vie et de mission entre des Sœurs de la Congrégation et des laïques chrétiens. C’est pour assurer une présence chrétienne. Je dis chrétiens, même si nous sommes ouverts à tout le monde, puisque nous sommes catholiques, ce qui signifie universels.

Thérèse : Il faut dire que depuis les débuts de cette Maison il y a eu un travail profond d'ouverture.

Jeanine : D’ouverture à tout le monde car chacun a le droit au respect de sa dimension spirituelle. Et si ici chacun peut y trouver quelque chose, on s’en réjouit. C’est une dimension qui est essentielle pour rester humain. Si on ne trouve pas de sens à la vie pourquoi rester sur terre. Bien sûr il existe de multiples chemins.

A Sarcelles c’est ce que j’ai vécu. Nous avions des relations avec des personnes très différentes. Des hindous, des musulmans, des bouddhistes, des juifs et on a travaillé avec tous. Mon collègue dans l’enseignement du FLE, à Sarcelles, était lui-même un musulman très pieux. Nous avions de très bonnes discussions et nous sommes même intervenus ensemble dans une émission de radio pour dire comment lui concevait le ramadan et comment je concevais le carême. C’est un dialogue qui peut nous apporter beaucoup, au uns et aux autres. De toute façon pour pouvoir dialoguer il faut que l’on soit différents.

Vous nous avez fait voyager dans votre passé, et maintenant, le futur, ici ?

Jeannine : Le futur, c’est beaucoup d’inconnu pour l’instant. On connait les grandes lignes tracées par la Congrégation et c’est sur ces grandes lignes que nous avons consenti à venir, mais maintenant il va y avoir du dialogue, de l’écoute des uns et des autres pour comprendre un peu comment l’Abbaye fonctionne.

Quelle est votre première impression de cette grande maison ?

Thérèse : J’écoute les gens en séjour et ils sont unanimes pour dire qu’ils y sont bien accueillis. Que c’est un lieu de repos et de ressourcement. Je n’ai entendu que des avis positifs. Mais l’ambiance générale de l’Abbaye repose sur la communauté bien entendu mais aussi sur tout l’ensemble du personnel qui y a une place importante. Son action concourt d’une façon importante au sentiment de bien-être qu’ont les personnes. C’est fondamental.

Jeannine : C’est important dans un projet de Maison comme celui-ci. Il y a la cuisine bien-sûr, mais aussi tout le reste, la blanchisserie, les équipes de ménage…Il y a aussi la beauté du lieu qui est offerte aux hôtes et cela les touche également. La diversité des personnes qui viennent en séjour, c’est aussi un facteur important.

Et bien merci à vous deux, et bonne installation dans l’Abbaye et au sein de la Communauté.

 
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