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L’Arche de Bruxelles à l’Abbaye

Publiée le 16/05/2019

Une rencontre

2019 05 16 Arche

Mi-avril, et pour une semaine, un groupe  enthousiaste de 110 personnes avait pris ses quartiers à l’Abbaye : L’Arche de Bruxelles. Avant leur départ, nous avons rencontré deux des organisateurs et organisatrices pour tenter de mieux comprendre ce qu’était l’Arche de Bruxelles.

Newsletter : Bonjour Anne et François. Quels sont vos fonctions au sein de l’Arche de Bruxelles ?

Anne : Je suis amie et assistante de la Communauté. Professionnellement je suis ergothérapeute. J’ai travaillé dans la communauté, au centre de jour, voilà plus de 30 ans. Puis  à une époque j’ai dû m’en éloigner et je m’en suis rapprochée à nouveau en y prenant d’autres responsabilités. Il se trouve que le projet de notre venue à l’Abbaye, c’est un peu mon bébé ! Nous avions fait un pèlerinage à Assise pour les 20 ans de la Communauté et nous reparlions souvent de la joie de tels moments. Nous parlions et parlions et les années passaient. Finalement j’ai initié le mouvement et nous avons organisé ce voyage pour les 45 ans de la Communauté. Cette fois ce n’est pas un pèlerinage, mais un moment de vacances. Cela a représenté deux années de préparation.

François : Je suis le responsable de la Communauté ce qui signifie institutionnellement que j’en suis le directeur. Et cela depuis 7 ans.

Newsletter : Expliquez-nous ce qu’est l’Arche ?

Anne : L’Arche est une fédération internationale de communautés. Comme dans une poupée Russe, on trouve au premier niveau la fédération internationale, ensuite des zones, ensuite des régions, ensuite dans chaque région, on trouve des communautés. La communauté de Bruxelles en est une. Elle est constituée de quatre foyers et un centre d’activités de jour. C’est une fédération de lieux de vie pour les personnes handicapées mentales. L’Arche a été fondée dans la suite d’un appel spirituel de Jean Vanier (décédé tout dernièrement, le 7 mai 2019).

François : Jean Vanier au départ ne pensait pas créer tout cela. Il avait acquis une maison et il s’y était installé  avec deux personnes qu’il avait sorties d’un hôpital psychiatrique, à Trosly en 1964. Il pensait que  des personnes handicapées pouvaient vivre dans la vie ordinaire au lieu d’être enfermées, dans un mode de vie familial et une relation de réciprocité, sans hiérarchie. La démarche spirituelle  de Jean Vanier est basée sur les Béatitudes. Cette expérience de vie a rapidement essaimé et des communautés se sont créées dans d’autres pays. Au Canada, notamment, car Jean Vanier est Canadien, mais la troisième communauté à voir le jour, c’est en Inde, dans une autre culture et une autre religion. On a aujourd’hui 152 communautés reconnues et d’autres en gestation sur les cinq continents. Aujourd’hui, à Bruxelles, on trouve 25 volontaires qui vivent à 5, avec 7 personnes à handicap par maison.

Anne : Les fonctionnements ont évolués depuis l’époque où l’Arche a été fondée. Nous étions après 1968 et cette vie communautaire séduisait beaucoup de gens puis avec l’évolution de la société il y  a eu  moins d’appel. Ce sont principalement des personnes avec un engagement religieux – ou assimilés à un engagement religieux - qui ont continué à vivre ainsi. Puis l’Arche a graduellement reçu des subsides des gouvernements et les maisons ont été organisées autrement. Il y a par exemple de jeunes volontaires Européens qui se consacrent pendant 1 an aux activités de l’Arche.

Newsletter : Comment est-ce qu’une personne à handicap va rejoindre une communauté ?

Anne : Les personnes handicapées devant quitter le cadre scolaire à 21 ans, il arrive un moment où les parents souhaitent que leurs enfants handicapés quittent le cadre familial comme l’ont fait leurs autres enfants et ils se tournent alors vers l’Arche, ou un autre organisme. Certaines  personnes handicapées peuvent venir au centre de jour de l’Arche et vivre dans une  autre structure. Certains vivent encore dans leur famille et passent la journée au centre. Et réciproquement, certains vivent dans nos foyers mais œuvrent la journée dans une entreprise de travail adapté. Ce sont parfois les personnes handicapées elle-même qui choisissent l’Arche, à l’issue d’un stage dans nos foyers.

François : Nous essayons de bien expliquer à la personne avec handicap, et à ses représentants, à quoi on s’engage quand on vient vivre dans une communauté. Nous expliquons que l’Arche repose sur trois piliers : le principe communautaire qui est l’aspect relationnel, le vivre avec. Le coté professionnel – de là l’insistance donnée à la formation des accompagnants – et puis, bien difficile de l’oublier, le coté spirituel. Spirituel, même si il n’est pas obligatoirement religieux et a fortiori pas forcément catholique puisque, comme on l’a dit, il y a plusieurs religions représentées au sein de la fédération. On accueille aussi des personnes qui sont agnostiques.  Mais l’aspect spirituel compte. On doit pouvoir se retrouver sur cette dimension, chacun venant avec ses propres convictions et avoir des échanges à ce niveau-là. En cherchant à ce que chacun puisse vivre sa propre foi. Il est vrai qu’à l’origine, notre communauté est ancrée dans la foi catholique.

Anne : Dans l’histoire de la genèse de notre communauté il faut rappeler que Jean Vanier a rencontré en avril 1971, lors d’un grand pèlerinage foi et lumière à Lourdes, le Père André Roberti, un jésuite. Et c’est à l’issue de cette rencontre qu’il fut décidé que le Toît serait le premier foyer de l’Arche en Belgique. Donc notre communauté de Bruxelles, et la plupart en Belgique, ont des racines profondément catholiques. Avec l’évolution on se doit d’être de plus en plus ouvert – le centre de jour accueille deux personnes musulmanes. Par exemple  pour les Eucharisties, auparavant, tout le monde était présent, maintenant non. C’est un temps ouvert.

François : Pour revenir au pilier communautaire, cela signifie que quelqu’un qui désire venir dans un de nos foyers, ne peut considérer qu’il prendra ses repas quand il le voudra et qu’il ne partagera pas les tâches avec les autres. Il faut que chacun ait la place pour son propre développement, mais nous avons des réunions de foyer chaque semaine, et différentes activités communautaires, comme notre séjour d’une semaine à l’Abbaye ! La dimension communautaire est importante dans le projet de vie que l’on propose. A Bruxelles notre communauté est composée de  quatre « foyers » et un centre d’activité de jour. Ce qui permet d’accueillir 45 personnes avec handicap. Nous les appelons les personnes accueillies, mais en fait on peut jouer sur les mots, car comme elles sont chez elles dans nos foyers on peut aussi les nommer « personnes accueillantes ». La communauté au complet  - volontaires, professionnels, les amis et les personnes accueillies - forme un groupe de 150 personnes, vivant  dans, ou hors, des foyers.

Anne : Le groupe de préparation pour ce séjour à l’Abbaye est constitué de cinq « ami(e)s ».

Newsletter : Justement, pour ce séjour de vacances, pourquoi avez-vous choisi l’Abbaye ?

Anne : Au départ nous n’avions aucun a priori pour un lieu. Nous avions des besoins précis : une infrastructure de grande taille avec de nombreuses chambres et un service hôtelier. Il fallait également un lieu assez éloigné de Bruxelles pour éviter des présences en pointillés, mais pas trop loin pour la logistique. Et tout naturellement, St Jacut est venu  comme une possibilité, à cause de l’histoire du « petit car » de Lancieux. L’histoire du « petit car » c’est, depuis 1973, une longue série de vacances d’été pour les membres et amis de la communauté de Bruxelles, mis sur pied par le Père Roberti, au début, dans une demeure  de Lancieux nommée « la Douceraie ». Un frère et des membres de la famille du Père André Roberti séjournaient alors à l’Abbaye, à 15 minutes de Lancieux. Le père André aimait à venir les rencontrer. Il y disait la messe les matins et, une fois durant le séjour, tout le groupe était invité à un dîner et une soirée commune à l’Abbaye. De là les liens anciens entre l’Arche de Bruxelles et l’Abbaye. C’est pour cela que Laetitia, de notre communauté, nous parle et reparle de Magalie, de l’Abbaye, depuis le mois de janvier, car elle se souvient avoir joué avec elle 5 minutes, il y a fort longtemps, et que c’est resté un beau souvenir pour elle…

Newsletter : Pour votre séjour à l’Abbaye quel programme avez-vous établi ?

Anne : C’est d’abord un séjour de vacances. En même temps, le calendrier a voulu que cela corresponde à la semaine Sainte, ce qui n’était pas voulu au départ. Même si ce sont des vacances,  la semaine Sainte est importante pour une large partie d’entre nous. Nous avons harmonisé ces deux aspects. Nous avons fait des sorties, des temps de repos et ce matin, moment incontournable dans la communauté, nous avons vécu le lavement des pieds.

François : C’est un moment qui se vit dans toutes les communautés de l’Arche, peu importe la culture, la religion. C’est un geste qui peut être vécu de manière transversale. Dans sa symbolique, si on le prend au premier degré, c’est un geste qui a du sens même sans le rattacher à un dieu. C’est le service, l’humilité, la fraternité…

Anne : En résumé notre séjour ici est très gai ! Bon, c’est un belgicisme. Les français diraient «  Joyeux ». Et ces moments nous donnent plein de vie. On reçoit autant que l’on donne. Ces moments passés avec des personnes à handicap, pourquoi est-ce du bonheur à l’état pur ? Pourquoi ? Parce que ces personnes sont authentiques, spontanées et je crois, dans la vérité. On ne peut pas tricher avec elles. En fait les valeurs de l’Arche sont un peu à contre-courant de la société actuelle. Gain d’argent, rentabilité…nous, on ne peut pas agir selon ces termes avec le handicap. Nous sommes ramenés à l’essentiel.

François : Nous sommes dans la relation et c’est là que l’on trouve la vraie vie. On rejoint ici le fond de la spiritualité. Qu’on l’appelle Dieu ou autrement.  C’est ce qui permet d’aller à l’essentiel de ce qui fait vivre chacun. A l’Arche, c’est vraiment la relation qui est au centre, mais ailleurs dans l’humanité, c’est cela aussi qui fait vivre les gens. Le reste… on croit que l’on vit, mais on vit à coté de soi.

Cet article a été publié en avril-mai dans notre lettre d'information. Vous pouvez vous y abonner à partir de notre site internet !

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