Baseline l'histoire de l'Abbaye

L'HISTOIRE DE L'ABBAYE
Sur les traces d'un ancien monastère

Tete moines

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Deux moines à connaître

Dom Guy-Alexis LOBINEAU (1667-1727)

Historien breton

Né dans une famille de procureurs au Parlement de Bretagne, il fit profession dans l'abbaye de Saint-Melaine de Rennes le 15 décembre 1683. Très appliqué à l'étude, il maîtrisa bientôt le latin, le grec et l'hébreu, et en 1693 fut choisi par Dom Audren de Kerdrel, abbé de Saint-Vincent du Mans, pour remplacer Mathurin Veyssière de La Croze dans l'équipe qu'il avait réunie depuis 1687 pour composer une nouvelle histoire de Bretagne, financée par les États de Bretagne. Après la mort prématurée de Dom Le Gallois en 1695, Dom Lobineau devint le principal responsable de l'ouvrage qui parut en 1707.

Alexis Lobineau caressa jusqu'à la fin de sa vie le projet de continuer son Histoire de Bretagne grâce au matériau déjà accumulé, et il publia même le prospectus de deux nouveaux volumes qui devaient contenir les généalogies des plus illustres familles de la noblesse bretonne ; mais il n'eut pas l'occasion de mettre ce projet à exécution. Il publia toutefois plus tardivement, sur le même chapitre de l'histoire de la Bretagne, un ouvrage intitulé Histoire, ou vies des saints de Bretagne, que l'Église honore d'un culte public, et des personnes d'une éminente piété qui ont vécu dans la même province. Dom Lobineau se chargea de continuer l' Histoire de Paris, laissée inachevée par son collègue mauriste Dom Michel Félibien. Dom Lobineau s'est aussi signalé par une œuvre de traducteur.

C'est en décembre 1726, après l'achèvement de son travail sur l'Histoire de Paris, que Dom Lobineau se retira dans l' Abbaye bénédictine de Landouar en Saint-Jacut-de-la-Mer, et il y mourut six mois plus tard, le 3 juin 1727. Une stèle en forme de menhir surmonté d'une croix y a été inaugurée en son honneur, le 3 mai 1886, en présence de l'évêque de Saint-Brieuc et de l'historien Arthur de La Borderie.

Dom Léger-Marie DESCHAMPS (1716-1774)

Théoricien politique

Novice à Saint-Melaine (Rennes), étudiant en philosophie, il est affecté en 1747 au monastère de Saint-Jacut où il développe un travail de critique sociale. En 1758, il est nommé procureur du prieuré de Montreuil-Bellay. A Saint-Jacut, il lit Voltaire et se positionne en opposant tant à l'athéisme qu'au christianisme. Il était connu de Helvétius, d'Alembert, Diderot, Rousseau et Voltaire qu'il effrayait par ses théories sociales. Il appartient aux métaphysiciens du 18ème siècle. Dom Deschamps devient le protégé du marquis de Voyer et entretient une correspondance avec les plus grands noms des Lumières.

Il publie anonymement en 1769 des Lettres sur l'esprit du siècle, très critique pour les Encyclopédistes. En 1770, il publie La Voix de la raison contre la raison du temps et particulièrement contre celle de l'auteur du Système de la nature (baron d'Holbach) : il y préconise une mise en commun des biens. En 1939, on a retrouvé ses manuscrits des Observations métaphysiques et les observations morales : c'est la propriété qui fait le malheur des hommes. L'humanité passe par trois états :

  • - l'état sauvage ou état de nature,
  • - l'état des lois où règne le prince oppressif,
  • - l'état des mœurs ou d'égalité dans lequel la propriété sera abolie ainsi que les lois. De même alors, la religion disparaîtra.

Dom Deschamps fut désavoué par ses pairs mais intéressa Rousseau. On le considère comme l'antécédent français de Hegel.